SUSIE

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Mouton noir

Classé dans : VEGAN — susie @

Superbe texte de

Jérémy Daydreamer

https://www.facebook.com/LeReveurEveille.Poesie

Mouton Noir

Te souviens-tu de ton enfance

Où tu voulais tous les sauver

De ton amour, ton insouciance

Dans le besoin de les soigner

 

Te souviens-tu de ce moment

Où tout cela a basculé

Quand ton papa et ta maman

T’ont dit qu’il fallait les manger

 

Moi je comprends dans ta confiance

Le besoin de les écouter

Même eux étaient dans l’ignorance

Le monde les a conditionné

 

Aujourd’hui tu trouves ça dément

Que tu pourrais bien t’en passer

Tu me trouve même insultant

Quand je t’accuse de les tuer

 

Mais ouvre les yeux ne soit pas bête

Ta compassion est-elle brouillée ?

Certains finissent dans ton assiette

Et d’autres ont le droit à l’amitié ?

 

Tu trouves normal que certains meurent

Pour un plaisir facultatif ?

Tu penses que l’homme est supérieur

Que c’est un justificatif ?

 

Te rends-tu compte de tout le mal

Derrière cette fausse vérité

On rend ce génocide banal

Au détriment de la planète et ta santé

 

On nous fait croire au naturel

De cette consommation barbare

On nous persuade d’un essentiel

Pour quelques hommes avares

 

Crois-tu vraiment que sur leur or

Ces lobbies se soucient de toi ?

Si proche du singe, toi « l’omnivore »

Pourquoi ne mange-t-il pas comme toi ?

 

Si tu penses que c’est légitime

Tente donc de chasser à mains nues

Ton estomac, tu surestime

Les omnivores mangent la viande cru

 

Cache-toi derrière des mots ou des excuses

Comme « On a toujours fait comme ça »

L’ignorance est la plus belle des ruses

Quand on ne veut pas revoir ses choix

 

Oublie toutes les définitions

Ce ne sont que des lois humaines

Ecoute ton cœur et ta raison

L’évidence se fera soudaine

 

Accuse-moi d’être un extrémiste

Car je ne vais pas vers l’abattoir

Suivre le troupeau me parait triste

Je préfère être un mouton noir

Le rêveur éveillé

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Lautréamont

Classé dans : LIVRES/POESIE — susie @

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Né à Montevideo le 04 avril 1846
Décédé à Paris le 04 novembre 1870

1. Un destin hors du commun qui se termine à 24 ans

Fils d’un chancelier du consulat de France à Montevideo, Isidore Ducasse, dit Lautréamont, n’a qu’un an lorsque sa mère meurt, peut-être suicidée. De caractère plutôt renfermé, il se montre brillant élève, surtout en mathématiques et en sciences. Arrivé en France en 1859, il poursuit ses études à Tarbes et à Pau, et découvre la littérature pour laquelle il se passionne. Son baccalauréat ès sciences en poche, il débarque à Paris pour – paraît-il – préparer le concours d’entrée à l’école polytechnique. Mais, installé près de la Bourse, Isidore s’enferme dans sa chambre et passe ses nuits à écrire. En août 1868, il fait paraître à compte d’auteur et sous anonymat, le premier ‘Chant de Maldoror’, qui passe totalement inaperçu. Dans l’année, il achève les cinq chants suivants et prend le pseudonyme de Comte de Lautréamont. Le volume est imprimé l’été 1869 mais n’est pas mis en vente, l’éditeur jugeant finalement le livre trop cru. En1870, Isidore Ducasse fait imprimer sous son vrai nom le premier fascicule de ‘Poésies’, suivi peu après par le second fascicule. Si ‘Les Chants de Maldoror’, où malheur et méchanceté tiennent lieu de sublime, incarnait le désespoir, ‘Poésies’ en est le pendant, consacré à l’espérance et la bonté. On trouve la même intensité de sarcasme, le même souci de critique, proféré par une double voix, contre la veulerie humaine et la bêtise de la soumission. A 24 ans, Isidore Ducasse meurt à son domicile dans des circonstances restées mystérieuses.

2. Maldoror le désespéré

Au début des Chants, Maldoror, le héros représenté sous une apparence humaine, incarne les misères et les angoissantes questions ontologiques de son créateur. Il nous apparaît « pâle, livide, le sang appauvri, la bouche livide, fiévreux ». Sa lucidité paroxystique lui fait voir de manière exacerbée la souffrance de l’humanité, les guerres et les maladies qui la ravagent incessamment. Impuissant devant la tragédie humaine, il devient désespéré puis il déchaîne sa violence contre Dieu.

3. Maldoror le violent frénétique

Maldoror devient alors un symbole infernal. Etre protéiforme, il se transforme en aigle, en poulpe, en grillon d’égout ou en cygne noir. Comme la bête de l’ Apocalypse, il parcourt le monde et sa violence vengeresse envahit la surface de la terre. Le fantastique se mélange au lyrisme et aux envolées oratoires. La folie furieuse contamine les phrases et les strophes et le héros maudit omniprésent est là pour illustrer la terrible déclaration du premier chant :  » Moi, je fais servir mon génie à peindre les délices de la cruauté. »

«J’ai reçu la vie comme une blessure et j’ai défendu au suicide de guérir la cicatrice.»

Extrait LES CHANTS DE MALDOROR (chant I -strophe 5)

J’ai vu, pendant toute ma vie, sans en excepter un seul, les hommes, aux épaules étroites, faire des actes stupides et nombreux, abrutir leurs semblables, et pervertir les âmes par tous les moyens. Ils appellent les motifs de leurs actions : la gloire. En voyant ces spectacles, j’ai voulu rire comme les autres ; mais, cela, étrange imitation, était impossible. J’ai pris un canif dont la lame avait un tranchant acéré, et me suis fendu les chairs aux endroits où se réunissent les lèvres. Un instant je crus mon but atteint. Je regardai dans un miroir cette bouche meurtrie par ma propre volonté ! C’était une erreur ! Le sang qui coulait avec abondance des deux blessures empêchait d’ailleurs de distinguer si c’était là vraiment le rire des autres. Mais, après quelques instants de comparaison, je vis bien que mon rire ne ressemblait pas à celui des humains, c’est-à-dire que je ne riais pas. J’ai vu les hommes, à la tête laide et aux yeux terribles enfoncés dans l’orbite obscur, surpasser la dureté du roc, la rigidité de l’acier fondu, la cruauté du requin, l’insolence de la jeunesse, la fureur insensée des criminels, les trahisons de l’hypocrite, les comédiens les plus extraordinaires, la puissance de caractère des prêtres, et les êtres les plus cachés au dehors, les plus froids des mondes et du ciel ; lasser les moralistes à découvrir leur cœur, et faire retomber sur eux la colère implacable d’en haut. Je les ai vus tous à la fois, tantôt, le poing le plus robuste dirigé vers le ciel, comme celui d’un enfant déjà pervers contre sa mère, probablement excités par quelque esprit de l’enfer, les yeux chargés d’un remords cuisant en même temps que haineux, dans un silence glacial, n’oser émettre les méditations vastes et ingrates que recélait leur sein, tant elles étaient pleines d’injustice et d’horreur, et attrister de compassion le Dieu de miséricorde ; tantôt, à chaque moment du jour, depuis le commencement de l’enfance jusqu’à la fin de la vieillesse, en répandant des anathèmes incroyables, qui n’avaient pas le sens commun, contre tout ce qui respire, contre eux-mêmes et contre la Providence, prostituer les femmes et les enfants, et déshonorer ainsi les parties du corps consacrées à la pudeur. Alors, les mers soulèvent leurs eaux, engloutissent dans leurs abîmes les planches ; les ouragans, les tremblements de terre renversent les maisons ; la peste, les maladies diverses déciment les familles priantes. Mais, les hommes ne s’en aperçoivent pas. Je les ai vus aussi rougissant, pâlissant de honte pour leur conduite sur cette terre ; rarement. Tempêtes, sœurs des ouragans ; firmament bleuâtre, dont je n’admets pas la beauté ; mer hypocrite, image de mon cœur ; terre, au sein mystérieux ; habitants des sphères ; univers entier ; Dieu, qui l’as créé avec magnificence, c’est toi que j’invoque : montre-moi un homme qui soit bon !… Mais, que ta grâce décuple mes forces naturelles ; car, au spectacle de ce monstre, je puis mourir d’étonnement : on meurt à moins.

http://www.cavi.univ-paris3.fr/phalese/maldororHtml/Sommaire.htm

 

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